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D'après
raymond Mirouse (professeur à l'université de
Toulouse)
L'histoire géologique pyrénéenne,longue d'environ
500 MA(Millions d'Années), est ponctuée par deux
plissements:
-L'orogenèse
Hercynienne (- 360 à - 290 MA)
-L'orogenèse Pyrénéenne ( - 53 à -33
MA)
Les
roches sédimentaires qui sont affectées par ces
deux plissements se sont déposées avant, pendant,
ou entre les deux plissements. Ce sont donc des centaines de millions
d'années de dépôts divers qui sont à
l'origine des roches telle que on peut les observer actuellement.
Bien
que les dépôts les plus anciens datent de l'Ordovicien
(-500 Ma), c'est aux calcaires du dévonien que nous
accorderons plus d'attention:
Ils
renferment des fossiles de coraux plus ou moins bien conservés
selon que leur lieu de dépôt subissait ou non l'action
vigoureuse des vagues. D'autres couches sont constituées
de boues carbonatées ennoyant des organismes fossiles biens
conservés témoignant d'un dépôt en
milieu calme à l'abri d'une barrière récifale.
La
diversité des faciès
calcaires laisse penser que ces roches se sont formées
dans une ambiance tropicale (la seule qui permet la précipitation
de la calcite), à proximité d'une barrière
récifale comme celle de l'actuelle grande barrière
australienne.
Il
y avait donc à cette époque une plate-forme peu
profonde parsemée de récifs à l'emplacement
même des Pyrénées occidentales.
A
cet épisode de dépôt calcaire succède
des dépôts turbiditiques, qui sont caractérisés
au carbonifère supérieur par des dépôts
peu profonds avec présence de charbons et de fossiles de
plantes.
L'orogenèse
hercynienne, qui concerne une partie de l'Europe et de la
péninsule ibérique, va alors plisser les terrains
déposés entre l'Ordovicien et le Carbonifère
inférieur. Les roches postérieure et donc non
affectées par le plissement permettent de repérer
la fin de ce phénomène dans le temps.
Au
début du Permien le nouveau relief bien plus imposant
que l'actuel offre un terrain de prédilection à
l'érosion,
qui dissout le calcaire, creuse des fossés dans lesquels
vont s'étaler des coulées de cailloutis portés
par une matrice argilo-sableuse.
S'installent
aussi des volcans tel le pic du Midi d'Ossau qui va se présenter
sous la forme d'une caldéra entourée de coulées
de laves et de dépôts de cendres volcaniques.
A
cette époque le climat offre des périodes pluvieuses
qui alternent avec des épisodes de chaleur, oxydant les
minéraux ferrugineux et conférant ainsi aux dépôts
une pigmentation rouge caractéristique. Les roches issues
de cette
sédimentation intramontagneuse seront à juste
titre appelées "grès rouges" du Permo-Trias.
Les
sédiments déposés au Jurassique (-200
à -130 MA) sont des dolomies
résultant de la transformation de boues calcaires, par
l'action de l'eau très magnésienne des fonds de
lagons.
Le
Crétacé inférieur se caractérise
par la sédimentation de marnes puis à nouveau de
calcaires récifaux (Urgoniens) sur des centaines de mètres
d'épaisseur. Il y avait donc à cette époque
en Béarn et en Bigorre des lignes de rivage au tracé
capricieux, bordant des terres momentanément immergées,
et des zones marines aux profondeurs variables au fil des temps.
La
vielle chaîne hercynienne réduite à une pénéplaine,
en partie recouverte par la mer devait s'enfoncer par endroits
pour former de bassins capables de stocker des quantités
importantes de sédiments.
C'est
au Crétacé supérieur (- 100 MA) que
la "mer pyrénéenne stocke les dépôts
les plus profonds: les "Flyschs que l'on préfère
appeler aujourd'hui des turbidités. La pénéplaine
fracturée est entaillée de sillons profonds aux
bords abrupts séparant la plate-forme ibérique de
la plate-forme Aquitaine. Les sédiments argilo-sableux
sédimentés en bordure de plate-forme sont précipités
dans les sillons à la manière d'avalanches sous-marines.
Les particules les plus grossières se déposent en
premier, suivies des plus fines, offrant ainsi des couches grano-classées,
sur des milliers de mètres d' épaisseur, traduisant
des avalanches successives de sédiments instables sur des
pentes, parfois de faible déclivité (quelques degrés).
Comme
les décrit M. Mattauer, les Pyrénées sont
une chaîne en collision. Cette collision se fait dés
la fin du Crétacé supérieur entre la plaque
espagnole et la plaque européenne. Le rapprochement violent
de ces deux plaques a provoqué un bourrelet long de 250
kms entre le golfe de Gascogne à l'ouest et la Mer Méditerranée
à l'ouest.

Les
plaques ibériques et européenne qui depuis le jurassique
se sont éloignées au rythme de quelques centimètres
par an, pour ouvrir les sillons, vont se rapprocher pendant toute
la durée de l'Eocène:
Un
des premiers processus fut un éloignement de la plaque
ibérique vers le SSW qui ouvrit des failles momentanément
empruntées par des magmas ophitiques. Vers le milieu du
crétacé le fond océanique du golfe de Gascogne
s'ouvre et la plaque ibérique amorce un mouvement de translation-rotation
vers le sud-est. Plus tard vers la fin du crétacé
et le début du tertiaire l'Iberie converge vers l'Aquitaine
refermant progressivement les fossés et bassins sédimentaires.
Ce raccourcissement est à l'origine de la formation du
bourrelet montagneux connu sous le nom de Pyrénées:

Tous
les sédiments post-hercyniens sont déformés,
témoignant d'un autre cycle orogénique, à
l'origine des Pyrénées actuelles. La compression
à pour résultat un très grand raccourcissement
horizontal de l'édifice pyrénéen, suivant
un axe Sud-Nord. Les terrains de la haute chaîne primaire
forment la zone axiale (granites), les terrains secondaires plissés
au nord et au sud viennent chevaucher des roches bien plus récentes
à la faveur de failles faiblement inclinées. Certains
présentent une schistosité prononcée, preuve
de l'action du métamorphisme général qui
a transformé les roches et fait apparaitre ne nouveaux
minéraux.
Au
Paléocène et pendant l'oligocène les
Pyrénées naissantes, en voie de soulèvement
offrent à nouveau du relief à l'action d'érosion.
Celle-ci expédie au sud (Bassin de l'Ebre) et nord (bassin
aquitain), des accumulations de débris caillouteux en milieu
tout dabord littoral, puis deltaïque et fluvial. Ces dépôts
(poudingues
de Palassou) ont contribués à combler une partie
du bassin aquitain.
Au
Miocène (-20MA) l'érosion se poursuit et les
nombreux cours d'eau qui coulent perpendiculairement à
la chaîne, accumulent des
molasses contenant des galets, des grès, et des
calcaires argileux, en couches à peu près horizontales.
Ils reposent en discordances sur les derniers terrains plissés,
montrant ainsi la fin de l'épisode de compression.
Plus
tard, au Quaternaire, une dernière phase érosive
importante est liée à la présence de glaciers
qui ont modelé les vallées Nord-Sud " en
auge " et déposées à leur sorties
des moraines. Ces dépôts ont été
repris récemment par l'érosion fluviatile et l'on
est arrivé ainsi aux formes des reliefs tels que l'on
peut les observer aujourd'hui dans les Pyrénées.
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